Dans la salle du centre culturel de Mundolsheim, le silence se fait
rapidement au démarrage de la seconde ronde de la journée. Portables
éteints sous peine d'avertissement. Quelques signes de tête, des
poignées de mains et l'open démarre. Au fil des tables, tous les
âges, de 6 à 72 ans, entre échiquiers et pendules électroniques. Sur
la scène : les vedettes.
Les premiers échanges se traduisent par les petits coups sourds des
pions déplacés, puis le rythme se ralentit rapidement. Certains
joueurs se lèvent en attendant le coup de l'adversaire, d'autres ont
le regard figé sur les pièces. La concentration intellectuelle est
presque palpable.
Cinq grands maîtres
internationaux
« Notre tournoi connaît un grand succès », souligne avec
satisfaction le président de la section Claude Martin qui a
enregistré 20 inscriptions supplémentaires par rapport à l'an
dernier. L'information via internet a permis de faire venir cinq
grands maîtres internationaux, notamment de Bulgarie, de Roumanie,
d'Angleterre, ainsi que d'autres joueurs titrés et la fine fleur des
Alsaciens. Parrainé par François Loos, cet open propose un 1er prix
de 1 500 €, un second de 900 €.
« C'est beaucoup de travail. On est sur les rotules. Je suis en
train d'épuiser mon équipe », commente le président qui s'occupe
avec son comité de l'intendance, hôtel et transport. « On est un
club un peu bizarre. On est 70 membres licenciés, tout en restant
ouvert à ceux qui veulent jouer aux échecs comme loisirs ». Cette
section est en train de monter une école des jeunes et donne déjà
des cours aux CE1 de l'école primaire. Elle avait absorbé, il y a
deux ans, la section des joueurs PTT.
Au fil des tables, les fronts se rident, les tics nerveux
apparaissent. Bras croisés ou mains posées sous le menton à la
Rodin, les joueurs fignolent leurs stratégies. « Au bout des quatre
jours, la plupart des joueurs sont lessivés, et perdent jusqu'à deux
kilos. Le soir, les maîtres travaillent encore sur les bases de
données pour se préparer au jeu de leur adversaire du lendemain. Ils
font du sport pour tenir le coup ».
Édition du Jeu 28 déc. 2006